WE ARE HEROES

L’ONG France Terre d’Asile m’a demandé de réaliser une série de portraits pour une campagne adressée au gouvernement britannique en Mars 2016. Il s’agissait de permettre aux jeunes migrants mineurs qui se trouvaient coincés à Calais, de rejoindre la famille qui les attendait Outre-Manche.
Nous avons choisi de les représenter comme des Héros, et non comme des victimes.
J’ai voulu poser un regard positif sur ces adolescents qui, s’ils ont perdu l’innocence de l’enfance, continuent à rire et à se projeter dans un avenir meilleur. C’est eux et leur force que j’ai voulu mettre en premier plan, et non la misère, pourtant réelle, qui me semblait trop souvent mise en avant dans les photos de camps de migrants. Car de quel courage et de quelle détermination faut-il faire preuve pour parcourir plus de 6000 km en côtoyant chaque jour le danger et la mort? Difficile de nous imaginer affronter ces périples; encore plus difficile d’imaginer des enfants les surmonter seuls. Beaucoup l’ont pourtant fait avec autant de bravoure que des superhéros. Durant ces jours passés à Calais, j’ai eu la chance de rencontrer des gens plein d’espoir, débordant de dignité et fiers de le montrer. Pourtant, les récits de ces adolescents ayant fui leur pays et survécu aux passeurs, trafics et réseaux criminels, glacent le sang.
Même si les héros de la série sont parfois fatigués et qu’ils sont des héros malgré eux, ils forcent notre admiration, comme les superhéros des bandes dessinées de notre enfance le faisaient.

The NGO France Terre d’Asile asked me to create a series of portraits for a campaign addressed to the British Government on March 2016. The goal was for children who were stuck in Calais, to be allowed to cross to the family waiting for them in the UK.
We chose to represent them as heroes, and not as victims. I wanted to place a positive light on these teenagers who, despite having lost the innocence of childhood, continue to laugh and to project themselves into a better future. It is them, and their strength, that I wanted to highlight, not the misery that, even though very real, seemed to me often enough put forward in photographs of migrants in camps.
For what strength and determination must be needed to travel 4000 miles, facing dangers and death all along the way? Hard to really imagine ourselves facing those terrible journeys, harder still to imagine children facing them alone. Yet many have done so, with bravery worthy of Super Heroes.
During those few days spent in Calais, I felt privileged to meet people full of hope, overflowing with dignity, and proud to show it. Yet some of the stories told by these kids who fled their countries, and who survived the passers, the traffics and the criminal networks, are simply blood curling.
Even if the heroes of this series sometimes look tired and are heroes despite themselves, they command our admiration, the way the Superheroes in the comics of our childhood did.